
Alors que son droit de réserve diplomatique a expiré en 2015, après sa retraite acquise en 2010, l’ex-ambassadeur du Gabon au Brésil, Corée du sud, Arabie saoudite et en Egypte, Joseph Bill Mamboungou a considéré, du haut de ses 22 ans en tant qu’ambassadeur, que le chef de l’Etat en convalescence au Maroc à la suite d’un AVC n’est pas en droit de signer des actes au sein de l’ambassade. « Une ambassade n’est pas un lieu pour signer des actes administratifs », a-t-il sèchement affirmé.
Dans une vidéo relayée dans les réseaux sociaux d’une causerie tenue visiblement au Pk 9 à Libreville, l’ancien diplomate défait l’argumentaire employé pour expliquer les actes de gouvernement exécutés par le président de la République depuis qu’il est au Maroc où il se remet d’un AVC.
L’expérience de diplomate de Joseph Bill Mamboungou lui a donné l’opportunité d’apprécier l’attitude en la matière du prédécesseur d’Ali Bongo. « J’ai reçu le président Bongo père jusqu’en 2010, j’étais ambassadeur en Egypte. Mais le président Bongo ne s’est jamais rendu dans une ambassade. Tous les actes qu’il signait quand il se déplaçait c’était dans son hôtel, dans sa suite. On y mettait des drapeaux et il pouvait signer tout ce qu’il voulait. Parce qu’il y a un principe : l’ambassadeur est le représentant du chef de l’Etat. Il ne peut donc pas avoir deux présidents ; à la fois le mandataire et le mandant. », a-t-il confié.
En effet, d’après l’écrivain, poète et romancier, tous les concepts employés pour justifier l’exercice du pouvoir présidentiel au sein de l’ambassade relèvent de montages. « Il ne peut pas avoir de mélange de genres. Le principe du professeur Rossatanga Rignault (Guy) sur l’extraterritorialité, ça n’existe pas. Une ambassade ce n’est pas forcément le territoire gabonais. C’est dans un territoire [certes, mais] c’est juste des immunités réservées pour les diplomates, ce n’est pas pour le chef de l’Etat. Le chef de l’Etat n’est pas un diplomate. Même s’il a un passeport, ce n’est pas un passeport diplomatique, mais un passeport spécial », a-t-il précisé.
Mamboungou, universitaire et conseiller économique et social a tenu à faire part des soupçons qu’engendrent les conceptions émises pour expliquer le caractère privé de ses déplacements ces dernières semaines. « Nous sommes conscients de ce qui se passe, de tout ce qui se trame. Ce sont des marionnettes, des zombis qu’on nous présente. Mais un chef d’Etat rentre par la voie officielle, il sort par la voie officielle », a conclu le diplomate.
Lu, j’ai apprécié, je publie.
#FJ